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Le blanc, la place du silence dans une identité

Silhouette en vêtement blanc à capuche, la nuit, devant des aquariums éclairés par des néons, image granuleuse.

Avant le rouge, avant les images, il y a le blanc. Une page où un titre et une image ont de l'espace autour d'eux. Rien n'y manque : la page est terminée.

Notre charte le dit en peu de mots : silence, matière, beaucoup de blanc, peu de texte, rien de corporate. Le blanc vient en premier.

Le blanc fait partie du dessin

On parle souvent du blanc comme de ce qui reste une fois tout posé. Nous le dessinons comme le reste. Il décide où l'œil arrive, combien de temps il s'arrête, ce qu'il regarde ensuite. Une image entourée de blanc devient un objet. La même image collée à trois autres devient un décor.

Notre monogramme suit la même logique. Les deux O de M(O)ORE s'empilent pour former un 8. Pour que ce 8 se lise, il lui faut de l'air. Serré contre un texte, il disparaît.

Peu de texte

Sur notre site, le texte sert de légende. Il nomme, il situe, puis il se retire. Nous écrivons court parce qu'une phrase en trop fait autant de bruit qu'une couleur en trop.

Une identité bavarde explique tout : ce qu'elle est, ce qu'elle promet, pourquoi il faudrait la croire. Une identité silencieuse montre, et laisse celui qui regarde faire une partie du chemin. Nous préférons la seconde. Elle demande plus de confiance, des deux côtés.

Le blanc n'attend rien. Il laisse l'image parler.

Le silence dans une image

Le silence ne veut pas dire calme. Sur la couverture de cet article, la nuit est pleine : des néons, des aquariums, des reflets, du grain. Au milieu, une silhouette en blanc. C'est elle qu'on regarde. Le blanc est l'endroit où l'œil se pose quand tout le reste vibre.

Dans une identité, c'est le même travail. Le blanc et le noir tiennent la structure, Helvetica reste neutre, et le rouge n'arrive que pour couper. Ce qui ressort alors, ce sont les images, les corps, les matières. Ce que la marque a vraiment à montrer.

Laisser du vide demande de choisir. Chaque élément retiré est une décision. C'est la partie de notre travail qui se voit le moins, et celle qui change le plus le résultat.